Éditions Triptyque, 2006
Traduction de Snow Formations
par Alain Cuerrier
ISBN: 2-89031-556-8
112 PAGES
Poèmes de neige, de saisons et de lieux, où se précise le regard dans un Nord de désarroi et d'avancée, où la main épie le silence, trouve chaleur et, au loin, dans les cendres écumeuses, saisit l'impossibilité de vivre, de naître sans d'abord mourir aux attaches, aux attentes, aux prières de faïence qui jettent leurs éclats imbus sur la marche ralentie des caribous et celle, plus rapide, des sentiments.
CRITIQUES:
Traduit de l’anglais pas Alain Cuerrier (lui-même poète), Neiges, de Carolyn Marie Souaid, se place sous le signe du dédoublement, de la lucidité et de l’ironie. Avec le Grand Nord québécois comme toile de fond, cette fresque poétique témoigne d’un séjour dans différents villages au Nunavik ou les cultures, de même que les idéologies, s’entrechoquent. À partir de souvenirs ou de détails incisifs, le poème retrace l’existence par intermédiare de nombreux rituels issus du quotidien. Ayant recours à la mythologie inuite, Souaid trace un portrait plutôt complexe d’une réalité alarmante. Ainsi, tout semble prêt à disparaître dans un tel environnement lointain. “Toutes ces années de clarté sans mémoire / s’écoulent par une fissure.” Une oeuvre entière.
—David Cantin / Le Soleil, 26 mars 2006
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... Souaid s’appuie sur le monde naturel, comme son titre l’indique. Elle cite le poète Wallace Stevens en exergue: “La plus grande pauvreté est de ne pas vivre dans le monde physique.” Souaid ne vivra pas dans la pauvreté. Elle trouve des attaches, pas seulement dans la nature, mais dans les objets domestiques qui parlent pour nous, desquels on s’entourre. Il y a également un courant revendicateur chez Souaid. Elle aurait séjourné dans le Grand-Nord, et y aurait vu des injustices dont elle rend compte dans ce livre, qui mélange tendresse et politique.
–David Homel / La Presse, 2 avril 2006
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Neiges ... propose une écriture sensible, intelligente et moderne inspirée de l'expérience de l'auteure en tant qu'enseignante au Nunavik.
--M’as-tu lu?
émission du 13 février 2006
EXTRAIT:
Deux réincarnations
1 —
L’hiver blanchit la pièce de ses pas.
Ton moi timide, une fois enlevé,
Y pénètre d’un air penaud.
De quel janvier es-tu?
De quel ciel libéré?
2 —
Ne sous-estime pas les subtilités de la neige.
L’hiver secoue l’esprit enserré,
disloque les neurones.
Remarque comment le moindre trou dans un nuage
devient un passage, une porte.
Comment un simple flocon
déclenche un blizzard entier.
Toutes ces années de clarté sans mémoire
s’écroulent par une fissure.
Et hier c’est à peine
si je parvenais à comprendre le monde.